Si votre gynécologue vous a parlé d’un “kyste sur le col de l’utérus”, il s’agit le plus souvent d’un kyste de Naboth — l’une des constatations les plus fréquentes et les plus bénignes en gynécologie. Les kystes de Naboth ne sont pas un cancer, ils ne se transforment pas en cancer, et dans la grande majorité des cas ils ne nécessitent aucun traitement. Cette page explique ce qu’ils sont, pourquoi ils se forment, dans quels cas ils méritent un examen complémentaire et comment ils sont traités si cela devient nécessaire.
Qu’est-ce qu’un kyste de Naboth ?
Le col de l’utérus est tapissé de glandes qui produisent du mucus. Il arrive que les cellules de surface recouvrent l’orifice de l’une de ces glandes et l’obstruent. Le mucus continue d’être produit mais ne peut plus s’évacuer : il s’accumule dans une petite poche sous la surface. Cette poche est le kyste de Naboth — appelé aussi kyste de rétention mucineux ou kyste épithélial du col.
La plupart ne mesurent que quelques millimètres — typiquement 2 à 3 mm — et se présentent comme de petites saillies lisses, en dôme, blanchâtres, jaunâtres ou translucides. Ils sont généralement multiples. Rarement un kyste grossit davantage et peut, dans des cas inhabituels, atteindre 4 cm ou plus.
Pourquoi se forment-ils ?
Ils témoignent de la cicatrisation et du remaniement normal du tissu cervical, non d’une maladie. Les circonstances habituelles sont :
- Après un accouchement — pendant la cicatrisation, un nouveau tissu de surface recouvre les orifices glandulaires. C’est pourquoi ces kystes sont plus fréquents chez les femmes qui ont accouché.
- Une inflammation prolongée du col (cervicite chronique).
- De petits traumatismes du col, y compris après certains gestes gynécologiques.
Ils peuvent survenir à tout âge, surtout entre la puberté et la ménopause, lorsque le col est hormonalement actif.
Quels symptômes provoquent-ils ?
En général aucun. La grande majorité est découverte par hasard lors d’un examen gynécologique de routine ou d’un dépistage, sans que la femme ait rien remarqué.
Lorsqu’un kyste est inhabituellement volumineux, ou lorsqu’ils sont nombreux, on peut ressentir :
- une sensation de pression ou de plénitude vaginale ;
- une gêne ou une douleur pendant les rapports ;
- une augmentation des pertes, ou des pertes passagères si un kyste se rompt ;
- rarement, de petits saignements irréguliers.
Tout saignement entre les règles ou après un rapport doit être évalué par votre gynécologue et non attribué d’emblée à un kyste.
Les kystes de Naboth sont-ils cancéreux ?
Non. Ce sont des lésions non néoplasiques : du mucus emprisonné, et non une tumeur. Ils n’ont aucun potentiel de transformation maligne et n’augmentent pas le risque de cancer du col. Leur présence ne modifie pas votre rythme de dépistage.
Une seule raison peut conduire votre médecin à regarder de plus près : une forme très rare de cancer du col, l’adenoma malignum (adénocarcinome de déviation minime), peut leur ressembler à l’imagerie. L’élément distinctif est la profondeur : les kystes de Naboth ordinaires sont superficiels, tandis que cette tumeur rare siège plus profondément dans la paroi cervicale. C’est pourquoi les kystes inhabituellement volumineux, profonds ou très nombreux font l’objet d’examens complémentaires — non parce qu’un kyste de Naboth serait dangereux, mais pour confirmer que c’en est bien un.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Dans la plupart des cas, il suffit de regarder :
- Examen au spéculum — les kystes lisses et en dôme sont reconnaissables d’emblée ; aucun examen supplémentaire n’est nécessaire.
- Colposcopie — vue agrandie du col, lorsque l’aspect n’est pas tout à fait typique.
- Échographie — les kystes apparaissent comme de petites zones liquidiennes (anéchogènes) dans le col ; souvent découverte fortuite.
- IRM — réservée aux kystes volumineux ou profonds ; confirme le caractère bénin et écarte la tumeur rare évoquée plus haut.
Quand un traitement est-il nécessaire ?
Presque jamais. Un kyste asymptomatique ne se traite pas et il n’y a aucun bénéfice à le retirer “par précaution”. Un traitement n’est proposé que si :
- le kyste est assez volumineux pour provoquer douleur, pression ou gêne lors des rapports ;
- il masque la vue du col ou rend difficile un prélèvement cervical de qualité ;
- son aspect est atypique et un examen des tissus est nécessaire pour écarter un autre diagnostic.
Comment sont-ils traités ?
Le geste est bref et se fait le plus souvent au cabinet, sous anesthésie locale :
- Électrocoagulation (diathermie) — la méthode la plus utilisée ; un courant électrique ouvre et détruit la paroi du kyste avec très peu de saignement.
- Cryothérapie — le kyste est détruit par le froid.
- Exérèse chirurgicale — pour les kystes très volumineux ou lorsque le tissu doit être analysé.
La récupération est rapide : la plupart des femmes se sentent normales en quelques jours. Des pertes aqueuses ou légèrement sanglantes pendant une courte période sont attendues. Votre gynécologue vous indiquera quand reprendre les rapports et à quoi être attentive.
Le déroulement chez UCARER Women’s Health
Un kyste du col est évalué au cours d’un examen gynécologique habituel. Nous examinons le col directement et, si l’aspect le justifie, nous ajoutons une colposcopie ou une échographie lors de la même consultation. Comme ces kystes sont souvent découverts lors du dépistage, nous vérifions aussi que votre frottis et test HPV sont à jour — le kyste lui-même est bénin, mais c’est le dépistage qui protège le col.
Si un retrait est réellement indiqué, les options sont expliquées au préalable, et l’intervention peut être réalisée par une chirurgienne si vous le souhaitez. Notre clinique travaille en français, anglais, turc, allemand, arabe, russe et persan, avec un accompagnement multilingue tout au long du parcours.
Questions fréquentes
Les kystes de Naboth disparaissent-ils seuls ? Cela arrive, et de nouveaux peuvent apparaître. Comme ils sont bénins, aucun des deux cas ne demande d’action.
Affectent-ils la fertilité ou la grossesse ? Les kystes de Naboth ordinaires n’obstruent pas le canal cervical et ne sont pas une cause d’infertilité.
Peuvent-ils récidiver après le traitement ? Le kyste traité ne revient pas, mais un nouveau peut se former sur une autre glande — ce n’est pas le signe d’un problème.
Sont-ils contagieux ou liés au HPV ? Non. Il s’agit d’une glande obstruée, pas d’une infection, et cela ne se transmet pas sexuellement.
Mon compte rendu d’échographie les mentionne — dois-je m’inquiéter ? Non. Ils sont fréquemment signalés lors d’examens faits pour d’autres raisons. Apportez le compte rendu à la consultation.
Le retrait est-il douloureux ? Le geste au cabinet se fait sous anesthésie locale ; il est généralement décrit comme de brèves crampes plutôt qu’une douleur.
Sources : StatPearls (National Center for Biotechnology Information), Cleveland Clinic, Harvard Health. Cette page a une visée d’information générale et ne remplace pas une consultation médicale. Relu par le Dr Muzaffer Uçarer, Maître de conférences (gynécologie-obstétrique), UCARER Women’s Health, Istanbul.
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